La moitié des médecins d’Ille-et-Vilaine conseillent l’activité physique à leurs patients touchés par une maladie chronique. Les meilleurs prescripteurs sont… les sportifs eux-mêmes. Mais la majorité souhaite plus d’ (in)formations sur le sujet.

Parue dans la revue Sciences & Sports en janvier 2015, l’étude intitulée « Enquête auprès des médecins généralistes sur leur expérience et leur avis en matière de prescription d’activité physique » a été réalisée par des médecins du CHU de Rennes. Elle avait pour objectif d’évaluer les connaissances des médecins généralistes d’Ille-et-Vilaine et des départements limitrophes en matière de recommandation d’activité physique, ainsi que leur avis sur la prescription écrite.

L’enquête s’est déroulée entre avril et juin 2010 sous forme d’envoi de questionnaire aux généralistes des départements concernés : plus de 400 ont été renvoyés, soit un taux de réponse supérieur à 42 %. Le dépouillement a fait apparaître plusieurs faits intéressants :

  • près de 46 % des médecins participants demandent « très souvent » à leurs patients s’ils ont une activité physique régulière (APR) ;
  • près de 52 % conseillent « très souvent » une APR et près de 39 % la conseillent souvent ;
  • en revanche, dans le cas de plusieurs pathologies chroniques, dont le cancer, l’activité est recommandée par moins de la moitié des médecins ;
  • la marche arrive en tête des activités conseillées, suivie des activités domestiques et au troisième rang seulement, de l’inscription à un club de sport de loisirs ;
  • le conseil oral est considéré comme le moyen le plus efficace d’amener les patients à pratiquer une APR, avant la prescription écrite qui arrive toutefois au second rang (et la remise d’un document d’information au troisième rang) ;
  • le « manque de temps » est jugé comme le principal obstacle à un conseil plus systématique en faveur de l’APR, devant tous les autres (manque de connaissance, manque de motivation etc.).

caloriessports3Dernière question, enfin : quels médecins recommandent le plus facilement l’APR ? La réponse est éclairante : « Il exist[e] un lien statistiquement significatif entre le fait d’avoir une formation en médecine du sport de pratiquer régulièrement une activité physique et celui de prescrire par écrit l’APR ». Mais il existe également une corrélation étroite entre le fait de prescrire de l’APR et celui de « considérer la collaboration avec les éducateurs médico-sportifs comme un facteur aidant la prescription ».

Les auteurs retiennent essentiellement de l’étude que « la seule variable ayant un lien statistiquement significatif avec le conseil est la pratique d’une APR par le médecin lui-même ». En outre, ils soulignent que dans le cas du cancer (mais aussi de l’arthrose, la fibromyalgie et les insuffisances cardio-respiratoires), l’APR est trop peu encouragée par les médecins. Enfin, « la majorité des médecins sont demandeurs de fiches d’APR à remettre aux patients et de formations sur la prescription écrite ». Autant de leçons à la portée très concrète pour améliorer la prescription d’activité physique auprès des patients.