Une enquête de l’Inserm montre que deux tiers des gens ont réduit leur activité physique deux ans après un diagnostic du cancer et que l’alimentation et le sport entretiennent des rapports étroits dans les modes de vie après la maladie. 

Réalisée par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) à la demande de l’Inca (l’Institut national du cancer), cette étude achevée cette année porte, comme l’indique le titre, sur «La vie deux ans après un diagnostic de cancer». Baptisée VICAN2, elle a été menée auprès de 4349 personnes et prend en compte la prise en charge, la qualité de vie, les ressources ainsi que les répercussions, y compris nutritionnelles, de la maladie et de ses traitements sur la vie quotidienne.

Le constat dressé est celui d’une réduction de la dépense énergétique après la maladie : parmi les personnes étudiées pratiquant une activité physique régulière, en effet, les deux tiers l’avaient modifiée après le diagnostic, le plus souvent dans le sens d’une réduction de leur activité. Au total, une personne interrogée sur trois a réduit son niveau d’activité physique, une sur dix l’a arrêtée totalement et une sur dix seulement l’a augmentée.

tableauDans son rapport, l’Inca souligne également l’étroite corrélation entre la nutrition et l’activité physique. Ainsi, près de 37% des personnes interrogées ont connu une modification de leur activité physique et de leurs habitudes alimentaires. Parmi elles, sept sur dix ont dit vouloir une alimentation « plus saine » ; un quart ont fait état d’une modification de leur goût, très fréquente en cas de chimiothérapie ; d’autres ont souffert des difficultés induites par les traitements, en particulier pour les pathologies touchant les voies aérodigestives supérieures.

Ces changements de comportements se traduisent par une évolution de leur corpulence : près de 30% des personnes interrogées ont perdu du poids (précisément, elles sont passées dans une catégorie d’IMC inférieure) mais inversement, 40% environ ont pris du poids (c’est-à-dire, sont passées dans une catégorie supérieure d’IMC).

La question, désormais, souligne l’Inca, est « de savoir d’une part, si les changements sont durables ou pas et d’autre part, s’ils vont dans le bon sens ou pas ». Et de conclure « sur la nécessité de réaliser des études épidémiologiques prospectives sur des cohortes de patients mesurant précisément l’évolution des consommations alimentaires, de l’activité physique et de la corpulence ».

Lire le rapport La vie deux ans après un diagnostic de cancer. De l’annonce à l’après-cancer (454 pages).

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