L’auto-déclaration peut-elle constituer une méthode fiable de mesure de sa propre activité physique ? C’est la question que soulève une étude réalisée sur d’anciens malades du cancer du côlon.

Menée sur 176 anciens malades d’un cancer du côlon, l’étude – au titre très explicite de Agreement between accelerometer-assessed and self-reported physical activity and sedentary time in colon cancer survivors – compare deux modes d’estimation de l’activité physique : l’auto-déclaration et la mesure par accéléromètre. Cette étude, sous presse actuellement, doit paraître dans Supportive Care in Cancer.

On a constaté que dans la population générale, l’auto-évaluation de l’activité physique et de la sédentarité n’était pas exacte, comparée à d’autres méthodes objectives. Cette nouvelle étude cherche à évaluer si ce constat vaut également pour des patients du cancer (du côlon, en l’occurrence).

Des patients de la région canadienne de l’Alberta et de la région australienne de l’Australie-Occidentale ont été invités à mesurer d’une part, leur activité physique modérée et intense et d’autre part, le temps consacré à la sédentarité. Ils étaient équipés d’un accéléromètre Actigraph GT3X+ – ce qui permettait d’évaluer la correspondance entre les deux méthodes de mesure. Les résultats sont sans équivoque : cette correspondance est faible. Par exemple, le délai moyen d’activité physique modérée ou intense est de 12 minutes par jour tel que mesuré par l’Actigraph GT3X+ mais de 26 minutes selon les déclarations des patients.

La conclusion des auteurs est donc que la méthode de l’auto-évaluation, dans le domaine de l’activité physique et de la sédentarité des malades, risque d’entraîner des erreurs très significatives.

Cette étude prolonge une étude antérieure portant sur le même échantillon et dont l’objectif était de déterminer le lien entre d’une part, l’activité physique et la sédentarité et d’autre part, la qualité de vie et le bien-être de malades du cancer du côlon.