Aux États-Unis, à peine plus d’une patiente du cancer du sein sur trois suit les recommandations en matière d’activité physique. C’est le résultat d’une étude parue dans Cancer le 9 juin dernier.

Émises par le Secrétariat à la santé et la Société américaine du cancer (ACS), ces recommandations ne sont pourtant pas si rigoureuses : 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, de la marche rapide par exemple, soit l’équivalent de 20 minutes par jour (ou bien 75 minutes hebdomadaires d’activité physique intense, ou encore un mélange des deux).

Et pourtant, selon une étude de l’université de Caroline du Nord, à Chapel Hill, aux États-Unis, parue dans la revue Cancer – la revue de l’ACS – le 9 juin, seule une Américaine sur trois diagnostiquée d’un cancer du sein les respecte. Et cette proportion est plus réduite chez les Afro-américaines, signale l’étude, que parmi la population blanche.

Une baisse dans 60 % des cas

Doctorante en épidémiologie dans cette université, Brionna Hair et ses collègues ont étudié les changements d’activité physique de 1.735 femmes de Caroline du Nord, âgées de 20 à 74 ans, après un cancer du sein diagnostiqué entre 2008 et 2011. Seules 35 % d’entre elles respectent les recommandations, alors que près de 60 % des participantes à l’étude avaient réduit leur activité physique six mois après le diagnostic, et ce, dans des proportions significatives : 15 Met/h en moins, soit environ cinq heures par semaine de marche rapide. Brionna Hair relève aussi que les femmes Afro-américaines sont plus touchées par ce phénomène et que, d’ailleurs, leur mortalité par cancer du sein est en moyenne plus élevée.

Appel aux politiques

D’où l’appel aux autorités publiques lancé en fin d’étude, pour encourager la pratique du sport chez les patientes après un diagnostic de cancer du sein : « Des stratégies doivent désormais être évaluées et mises en œuvre de manière exhaustive », souligne Brionna Hair.

En France, les obstacles demeurent comparables, malgré la floraison de cours. À Strasbourg, pour vaincre les résistances sociales et psychologiques à la reprise d’une activité sportive après un diagnostic de cancer du sein, un dispositif de « sport sur ordonnance » a même été mis en place.