Plusieurs publications scientifiques récentes s’interrogent sur les moyens d’améliorer la prescription d’activité physique délivrée aux patients. Petit passage en revue.Parue dans Cancer Treatment Reviews en mars 2014, la première publication (Evidence-based physical activity guidelines for cancer survivors: current guidelines, knowledge gaps and future research directions) est signée de Laurien M. Buffart, du centre médical universitaire Vrije, à Amsterdam. Il y passe en revue la littérature scientifique sur le sujet et remarque : « Les principes régissant l’activité physique pour les patients sont génériques, or il faudrait que la recherche développe des directives plus personnalisées ». En particulier, souligne-t-il, il faudrait « identifier des paramètres cliniques, personnels, physiques, psycho-sociaux qui permettent d’expliquer pour qui exactement et dans quelles circonstances l’encouragement au sport est efficace ». Enfin, il rappelle – et c’est d’ailleurs l’une des questions embrassées par l’essai clinique canadien en cours sur le cancer du côlon – qu’il faut encore comprendre « les mécanismes » d’un coaching efficace, afin d’améliorer l’intégration de l’activité physique dans le parcours de soins des patients.  

 

C’est aussi à la nécessité d’une personnalisation des prescriptions d’activité physique qu’aboutit un article du British Journal of  Cancer (Interventions to improve exercise behaviour in sedentary people living with and beyond cancer: a systematic review) de février 2014 dû à une équipe anglo-norvégienne emmenée par L. Bourke, de l’école de médecine de Londres (université Queen Mary). Ces chercheurs procèdent à une revue systématique d’essais cliniques randomisés – tous de petites dimensions – comparant des groupes de malades du cancer bénéficiant d’un coaching sportif versus des patients non accompagnés : quatorze essais sont ainsi sélectionnés pour un total de 648 participants. Et de conclure : « S’attendre à ce que la majorité des patients suive toutes les directives d’activité physique n’est pas réaliste. Comme dans tous les programmes d’exercices bien conçus, les prescriptions devraient être élaborées en tenant compte des possibilités individuelles : résistance, fréquence, durée et intensité des exercices ».

Enfin, le dernier article (Accelerating Translation of Physical Activity and Cancer Survivorship Research into Practice: Recommendations for a More Integrated and Collaborative Approach) recensé ici – mais la liste est sans doute loin d’être exhaustive – propose un calendrier pour accélérer la traduction en directives concrètes de coaching des recherches scientifiques déjà conduites. À paraître dans Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention (actuellement sous presse), rédigé sous la houlette d’un collaborateur de l’Institut national du cancer nord-américain, Siobhan M. Phillips, il vise à améliorer rapidement les politiques de soin des personnes malades grâce à l’activité physique. Avec une exigence, là encore : « Faire appel à des études supplémentaires, plus contextuelles, plus représentatives des différents types de cours et de la diversité des participants ».