Les initiatives proposant aux malades des séances de sport dites « adaptées » se multiplient. Elles naissent le plus souvent du monde associatif, en périphérie – ou en relais – du système de santé.

Association Sport pour toutes à Louviers (Eure), Comité départemental de la Ligue contre le cancer à Angoulême, à Cognac (Charente) ou à Mâcon (Saône-et-Loire), March’espoir à Rouen, Institut Curie à Paris, CHU de Rennes ou clinique privée à Marcy l’Étoile (Rhône) et bien d’autres… Le développement d’activités physiques et sportives pour les personnes atteintes de cancer se fait en ordre dispersé.

Ce sont presque toujours des programmes limités dans le temps, conçus pour accompagner le retour à une vie normale et favoriser l’intégration d’une activité sportive dans le mode de vie.    

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© Annick Bienvenu 

Des initiatives individuelles… 

L’accès à de tels programmes repose souvent sur le dévouement de bénévoles, comme à Elesmes, près de Maubeuge, dans le Nord, où Brigitte Laitem a créé en juin 2012 l’association Sport Cancer Santé de Sambre Avesnois. Cette infirmière de coordination en cancérologie a participé au projet pilote Parcours personnalisé des patients après cancer (PPAC) mené sur un an par l’INCa et qui comportait un volet soins de support. Dans la foulée, son association a mis sur pied un programme d’activités proposé sur cinq mois : séances de remise en forme, marche et découverte d’un sport. L’accès est gratuit, hormis une adhésion modique. La mairie de Maubeuge fournit les locaux et détache une éducatrice sportive.

À Rouen, une autre infirmière, Valérie Oudin, a fondé en décembre 2013 March’espoir, première association « rando santé » de la Fédération française de randonnée pédestre. March’espoir tient une permanence à la maison de l’oncologie du CHU de Rouen et organise chaque semaine une marche en forêt. En Charente, la Ligue propose un cours de « gymnastique adaptée » dans le cadre d’un programme d’aide aux patients qui inclut des séances de sophrologie, d’hypnose médicale, d’auto-massage japonais et de soins esthétiques. À Mâcon, il s’agit d’un module unique de douze séances.

… encore rares dans les services hospitaliers

Les actions menées par des services hospitaliers sont encore isolées. On peut citer le programme Activ’ de l’Institut Curie à Paris et le partenariat entre le service de médecine du sport du CHU de Rennes, le centre Eugène Marquis et la Ligue contre le cancer 35.

La Cami Sport et Cancer, qui intervient notamment en milieu hospitalier, a longtemps été le seul acteur dans ce domaine. Au terme de douze ans d’existence et de la constitution, en 2011, d’une fédération de ses antennes locales, elle réunit 54 centres répartis sur 21 départements. Mais au rythme annuel de quinze diplômés du DU Sport et cancer, elle est encore loin de couvrir l’ensemble du territoire national.

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L’engagement du Comité national olympique 

En 2011, le Comité national olympique (CNOSF) lui a emboîté le pas, incitant les fédérations sportives à se doter de comités sport santé. Et plus précisément, à mettre au point un protocole de pratique de leur discipline pour les porteurs de maladies chroniques. On dénombre à ce jour 36 fédérations engagées dans le processus. Le directeur Sport santé du CNOSF, Patrick Mogaloff, pharmacien de formation,  affiche même l’ambition d’élaborer un dictionnaire médical des sports, sorte de « Vidal du sport » visant à guider les prescripteurs pour leur permettre d’orienter leurs patients.

On ne peut qu’applaudir, d’autant que les malades apprécient de sortir des circuits hospitaliers… à condition de se sentir en sécurité.

Comment accompagner et accélérer le développement d’une offre qualifiée de l’offre sportive en cancérologie, accessible à tous ? Le troisième Plan cancer a gravé dans le marbre la nécessité de faire de l’activité physique un soin à part entière. 

Reconnaissance de filières de formation des éducateurs médico-sportifs, agrément à certaines associations, référents Sport santé au sein des collectivités territoriales, mise à disposition de salles de sport, formation des médecins, prescription médicale, financements (Sécurité sociale, mutuelles, agences régionales de santé,…). Reste à mettre les moyens.