La ville de Strasbourg a étendu aux personnes souffrant d’un cancer le dispositif « sport sur ordonnance » lancé à la fin 2012. Les malades pourront ainsi pratiquer gratuitement une activité sportive et ainsi, réduire leurs risques de récidive.Fruit d’un accord entre Strasbourg, l’Agence régionale de santé (ARS), la préfecture du Bas-Rhin et l’assurance-maladie d’Alsace-Moselle, « Sport-santé sur ordonnance » est un dispositif expérimental. Objectif : réduire les taux de maladies cardiovasculaires, diabète et obésité, particulièrement élevés dans la région, ainsi que les inégalités sociales en la matière. Les généralistes strasbourgeois peuvent dorénavant prescrire une activité physique à leurs patients, qui prennent ensuite contact avec un  éducateur sportif de la Ville en charge du suivi du programme et les oriente vers l’activité ad hoc (marche nordique, vélo, gym, qi gong…).

À l’automne 2013, quelque 300 personnes diabétiques et obèses avaient bénéficié de ce dispositif, dont la moitié venant de quartiers défavorisés. Selon le vice-président de la communauté urbaine de Strasbourg et médecin de formation, Alexandre Feltz, cela a permis de toucher des gens très éloignés du sport, puisque 80 % des bénéficiaires ne savent pas nager ni faire du vélo.

À la mi-septembre, Strasbourg a annoncé l’extension du dispositif aux personnes touchées par le cancer du sein ou du côlon, afin de réduire les taux de récidive. Leurs relais en ville : plus d’une centaine de généralistes désormais membres du dispositif. Inspirateur du programme, le Dr Feltz a rappelé que le sport permettait de réduire les risques de récidive de 30 à 50 %. 

Reste à démontrer que le sport sur ordonnance permet effectivement de réduire la prescription médicamenteuse. Au plan national, les autorités suivront avec intérêt la suite de cette initiative : en juillet dernier, c’est le président de la République lui-même, François Hollande, qui, lors d’une visite à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep), avait évoqué l’idée que les médecins puissent prescrire davantage de sport que de médicaments. Quant à Valérie Fourneyron, la ministre des Sports, elle est une fervente défenseur du sport-santé.