Pas moins de 30 000 mots sur 120 pages pour expliquer aux patientes le cancer du sein, les différents protocoles de soins, leur déroulement et les  effets secondaires. Pas un mot sur les bienfaits de l’activité physique.Les traitements des cancers du sein, collection Guides patients Cancer info, INCa,  vient de sortir. Cette brochure est la première à lire quand le choc de l’annonce fait place au besoin de comprendre sa maladie et de savoir ce qui m’attend. Oui, le combat commence par une information éclairée.  Oui, une approche raisonnée des traitements est nécessaire pour canaliser le processus émotionnel entre révolte et acceptation. Le « parcours de soins » donnera à la maladie toute sa réalité, quand le corps malmené devra se soumettre et supporter. Il est alors rassurant de se savoir prise en charge par tant de compétences,  de A, comme Aide-soignant à S, Socio-esthéticien, en passant par Chirurgien, Oncologue ou  Pharmacien. 

Tous là pour me soigner ou m’« accompagner ». « Et moi », me demanderai-je, « que puis-je faire pour moi-même, hormis l’observance des traitements ? » Acceptation n’est pas résignation. Le Plan cancer veut des patients  « acteurs du système de soins ». Quant à moi, je veux être actrice de ma guérison !  Rien ne m’y encourage ici concrètement. Pas un mot sur l’activité physique, pourtant reconnue comme le seul traitement de la fatigue et le meilleur moyen de prévenir  les récidives. L’éducateur médico-sportif n’a pas (encore) sa place dans cet aréopage d’intervenants qualifiés.

Pas plus le guide consacré à la fatigue (2005) que celui qui traite de l’après cancer (2007) ou même de la chimiothérapie (2008) ne sensibilisent sur  les bienfaits de l’activité physique et sportive pendant et après les traitements.

En cherchant bien, j’ai trouvé page 49 du guide Vivre pendant et après un cancer (2007) sous l’intertitre « Activité physique », cette prudente recommandation : « Pendant et après les traitements, s’il n’y a pas de contre-indication médicale à la pratique d’un sport et si la personne s’en sent la force, elle peut tout à fait maintenir une activité physique. Le plus souvent, c’est après la fin des traitements, quand la fatigue diminue, qu’une activité physique est envisageable. Une activité physique aide à se sentir mieux dans son corps et à reprendre confiance en soi. Elle permet de déterminer ses capacités et ses limites.

(…)Quelle que soit l’activité que la personne souhaite entreprendre, l’important est qu’elle fasse ce dont elle a envie. Elle doit adapter son activité à sa forme physique, à ses besoins et à ses désirs. La période de récupération est parfois longue. Il ne faut pas hésiter à demander conseil à son médecin. »

 Autant me dire de me tenir tranquille !