Dix jours après ma deuxième chimio : plus que pénible,  la fatigue est douleur. Et cette douleur absout totalement ma paresse.

Rien ne m’oblige à sortir du lit à huit heures pour marcher, prendre le train et le métro. Marcher encore, monter des escaliers, faire deux heures de sport, et refaire le trajet en sens inverse. Pourtant, l’envie est là. L’effort commence dans l’intention que j’y mets. Il me ballotte entre désir et répulsion tout au long de la matinée. Mais ce qui m’attend le vaut largement. Dans le vestiaire, la chaleur humaine est enveloppante. Les autres femmes sont comme moi… endolories, épuisées et pleines d’espoir. Pendant le cours, les muscles font mal et le souffle manque d’ampleur. Mais la douleur de l’effort prend le pas sur la douleur de la fatigue. Quelle différence ? La fatigue est subie tandis que l’effort est voulu. La douleur de la fatigue est invalidante ; celle de l’effort assouplit et tonifie les muscles. Et tiens,  tiens…  la concentration a dissipé la rumination mentale. L’énergie se remet à circuler; ça me libère !